Cela fait 6 semaines que j’ai quitté l’Egypte et je continue de penser souvent à mon voyage et aux impressions que j’en ai gardées.
Elles sont très contradictoires, tellement de ‘pours’, tellement de ‘contres’.
Côté ‘pour’: clairement le fait qu’on peut vivre décemment avec très peu d’argent. J’ai pu facilement respecter mon budget de 15€ par jour, et ceci alors que je me suis offert quelques excursions formidables.
‘Pour’ aussi la panoplie des paysages fabuleux, la beauté des côtes et des déserts et bien sûr –et cela va sans dire- la richesse démentielle en trésors d’antiquité.
Toujours côté ‘pour’: la facilité de voyage: déplacements aisés par transports publics structurés, raisonnablement ponctuels et bon marchés.
La cuisine est raisonnablement bon, juste un peu monotone et la viande n’était pas fort à mon goût.
Côté ‘contre’: La CRASSE! Je suis consciente que des gens pauvres n’ont pas la même attitude par rapport à l’environnement que nous et je le comprends. Mais ce que j’ai dû voir en Egypte n’a rien à voir avec la pauvreté, mais avec une attitude. J’ai vu dans l’Afrique noir des villagois tout aussi pauvres que l’égyptien de la rue, vivant dans des huttes don’t le sol était en terre battue. Ce sol était balayé, de même que les sentiers du village, toujours en terre battue, étaient ballayés.
En Egypte on laisse tomber par terre tout ce don’t on n’a plus besoin, et ceci non seulement dans la rue, mais DANS SON APPARTEMENT! Si on a une femme, elle risque de le ramasser, mais si on n’en a pas, eh bien, cela reste là! On ne se gène pas non plus de cracher par terre chez soi, laisser flotter le caca dans les toilettes etc etc etc…... Un peu d’éducation et de sensibilisation ne feraient pas vraiment de tort!
Dans des parties à haute densité de population le pays est litérallement couvert d’ordures et cela n’a pas l’air de déranger l’autochtone. Les quelques buissons dans le désert du Sinai sont généreusement décorés de sacs en plastique, que le vent incessant distribue partout. Les plages sont couvertes de détritus que la mer ammène, détritus que les passagers de ferry ont jetés par dessus bord. (Dans mon hôtel à Nuweiba la plage se fait nettoyer tous les matins et tous les matins les ordures que la mer a déposés sur ces quelques dixaines de mètres de plage remplissent une brouette à ras bord!) Les coraux aussi sont décorés de sacs plastiques que des poissons mangent souvent, les prenant pour des méduses. Erreur généralement fatale pour eux.
Tout cela me révolte bien sûr au plus haut dégré et m’a souvent gâché l’humeur.
Autre ‘contre’ dans la même idée, mais moins révoltant car directement lié à la situation socio-économique défavorisée du pays est la pollution dans les villes, qui m’a fait beaucoup souffrir de mon asthme et qui est en grande partie responsable de la grisaille et la laideur de ces villes.
Parlant de laideur: une chose qui m’a vraiment frappée est le contraste entre la beauté sublime des trésors antiques et l’absence totale de beauté dans la vie actuelle, que ce soit l’architecture, la mode, les étalages….. et bien sûr l’absence de beauté et de grace féminine dans les rues. Les femmes dans leurs habits difformes, souvent encore complètement voilée –avec même des ‘moustiquaires’ devant les yeux- ressemblent plutôt à des corneilles. Dans les villes comme le Caire ou Alexandrie, où plus de femmes montrent leur visage, cela ne va pas vraiment mieux: trop souvent elles affichent une expression de souffrance sousjacente, réflet bien sûr de la vie dure qu’elles mènent. Plus d’une fois j’avais remarqué –le tram permet ce genre d’observation- les mains usées, ridées aux ongles craquelés des femmes même jeunes. (Il va de soi que ceci ne s’applique pas à toutes les couches de la société; bien entendu il existent dans les grandes villes des femmes plus modernes, instruites et soignées, mais hélas c’est une toute petite minorité.)
Cela m’ammène au’contre’ le plus pénible et le plus inacceptable pour nous Européens et surtout Européennes, qu’est bien sûr la structure de la socété. On peut argumenter que cela ne nous regarde pas, puisqu’on n’est pas chez nous. Mais nous en subissons tout de même les conséquences: la réligion prohibe toute relation sexuelle avant ou en déhors du marriage. Comme d’habitude ceci s’applique dans la réalité plus aux femmes qu’aux hommes. En plus –du moins dans les régions rurales- prèsque 9 femmes sur 10 sont encore aujourd’hui excisées et ceci malgré que cette pratique ait été declarée illégale dans les années 90. Résultat de tout cela: les femmes non-mariées ne sont pas du tout accessibles, les épouses manifestent peu d’enthousiasme pour la chose (pour cause!!), les hommes se transforment donc en bombes de testostérone; et qui doit subir les manifestations de leur insatisfaction? C’est bien entendu les femmes étrangères. Considérées de toute façon comme immorales et obsédées par le sexe on peut tout se permettre vis-à-vis d’elles. Qu’est-ce que je pouvais avoir marre de tous ces jeunes étalons roulant les mecaniques, qui tiennent tous le même propos: what you need is egyptian husband, very strong!!! ------ Merci donc!
Voyager seule de toute façon ne permet qu’une seule interprétation: on est à la recherche de egyptian husband!
Une bonne chose: le gouvernement essaye de protéger le touriste au mieux. La police touristique est omniprésente et les égyptiens en ont sérieusement peur. On a donc à tout moment la possibilité d’un recours musclé. Cela n’enlève hélas pas le desagrément d’une confrontation perpétuelle qui finit par user patience et bonne humeur.
Je suis bien consciente que pour ceux qui voyagent en couple ou en groupe, cet aspect occupera sans doûte une place nettement moins importante. Pour moi c’étaient les ordures et la drague qui étaient le plus dûr à supporter.
Au niveau ‘discussion sur les prix’, je suis plus tolérante que d’autres voyageurs, qui en deviennent fous. D’abord l’Asie m’a bien rodée, puis je me suis avec le temps élaboré une attitude assez sen. J’essaye de le regarder comme un jeu, tout comme les égyptiens eux-mêmes. Quant aux choses essentielles de la vie (l’eau en bouteille par ex) je ne discute pas, j’en connais le prix et c’est ce que je paye, puis je m’en vais, point! Cela marche bien.
Je constate que je viens d’écrire quelques lignes sur les ‘pours’ puis quelques pages sur les ‘contres’. Ceci ne reflète pas le rapport réel. J’ai adoré mon voyage et je retournerai à la prochaine occasion. (J’ai un billet d’avion aller- retour Le Caire-Perth-Le Caire; c;est donc pour bientôt!) Je me rejouis de revoir les oasis -cette fois-ci avec des températures plus clémentes-, ainsi que bien entendu les plages du Sinai.
Thursday, March 20, 2008
Monday, March 10, 2008
Luxor via Dachla et Assyut
Une longue route m’attend. D’abord vers Dachla, un autre oasis, qui ne m’impressionne pas bcp. Puis le bus vers Assyut, où je veux prendre le train pour Luxor. Dès l’arrivée à la station de bus je suis prise en charge par un agent de la police touristique, qui ne me quitte plus d’un pas. Il m’accompagne à la gare, reste devant l'établissement, où je prend un thé et m’accompagne méme jusque devant les toilettes. Je vois un autre touriste, un jeune Japonais, qui lui aussi a son escorte. Oui, oui, le touriste est précieux et doit être protégé. Assyut est un centre d’extrémistes. A quatre nous attendons pendant 2 heures le train en provenance du Caire. Quand il arrive le garçon japonais et moi sommes pas mal contents d’avoir ‘nos’ policiers, qui nous frayent un chemin à travers la foule qui se jette vers les portières du train, et nous aident à monter et à trouver une place. Je décide de me gâter et de voyager en première classe, contre toutes mes habitudes. Trop tentant de voir ce grand fauteuil comfortable, alors que la foule se bouscule en 2ème. Et j’ai bien fait: quand je descends à Luxor, après 6 heures de pure détente, je me rends compte, que personne n’est jamais venu pour me vendre un billet. Bonne affaire.
C’est à Luxor que je sens le plus ‘le baiser des pharaons’: les antiquités font partie intégrante de la vie quotidienne. Le grand temple de Luxor domine la ville et celui de Karnak se trouve à quelques km seulement.
Sur la rive ouest du Nile les colosses de Memnon surveillent les vallées des rois, reines et nobles. La vue des ces flancs de collines, inchangée depuis des millénaires, confère à la ville une atmosphère de sérénité intemporelle.
Hélas ces beaux sentiments sont desagréablement perturbés par le comportement des habitants. Confrontés à un défilé inintérompu de troupaux de touristes organisés, ayant beaucoup d’argent (du moins en comparaison avec l’égyptien de la rue) et pas la moindre idée des moeurs et coutumes du pays, les habitants de Luxor ont pris l’habitude de profiter au mieux du peu de temps don’t disposent ces gens entre leurs visites des antiquités, pour leur extraire un maximum de sous. Encore une fois, le gouvernement a fait de gros efforts pour limiter le harcèlement et la crainte de la police touristique est évidente. Il suffit souvent de lever la voix pour obtenir la paix et des excuses en profusion. Mais qui veut devoir lever la voix toutes les quelques minutes.
Le comportement vis-à-vis d’une femme seule dépasse carrément toutes les limites imaginables. Le mieux que j’ai entendu était un soir en passant dans une rue un peu sombre quelques adolescents qui me proposent: ‘Madam, come here, fuck here.’ Je me dis qu’ils ne savent pas très bien ce qu’ils disent et je les ignore. Par la suite je prends l’avis des gens habitant Luxor, qui m’assurent que, si, si, ils savent TRES bien ce qu’ils disent.
Il est un fait qu’il existe un nombre non négligeable d’Européennes d’un certains age qui semblent sensibles aux charmes des éphèbes autoctones. Je m’interdis toute indignation en me disant que si on accepte si bien la Thailande pour les hommes, pourquoi pas l’Egypte pour les femmes. Mais je ne sais pas si la demande justifie l’offre. Devoir supporter n’importe quelle familiarité de n’importe qui me révolte au plus haut dégré. Je n’ai plus du tout envie de me faire apprendre par des gamins de 19 ans ce don’t j’ai besoin pour mon bonheur (egyptian husband, very strong!) ou de me faire appeller ‘darling, baby, my love et my flower’ par chauffeurs de taxi, capitaine de felouque ou d’autres jeunes étalons aux pantalons bien remplis. (Ai-je vraiment l’air si mal-baisée??) Je passe donc à l’attaque et je leur fais comprendre à très haute voix –de façon à attirer l’attention de bcp de monde et qui sait d’un policier..- à quel point j’estime leur comportement inadéquat et vexant et je menace de les signaler à la police touristique. L’effet est immédiat et à action prolongée: on a dû se le dire: ‘la grande conasse n’est pas marrante, il vaut mieux la laisser tranquille’. J’ai alors la paix, ou quasi, pour le reste du temps. Bonne chose, car je passe une dixaine de jours à Luxor, vue que notre ami Maurice Merchie y a son splendide cocktail-bar dans un houseboat sur le Nile: excellente companie donc en soirée dans un cadre recherché et soigné à l’européenne, où mêmes les toilettes sont élégantes et fonctionnent correctement –cela me change bien des derniers mois- et j’en profite à fond!
En journée j’explore Luxor à pied ou en vélo, en essayant –mais pas toujours avec succès- d’éviter les cars qui déversent leurs chargement de troupeaux touristiques.
Comme je ne suis pas pressée, je prends beaucoup de temps pour visiter un site. Dans l’immense temple de Karnak par exemple, je suis pendant un moment les troupeaux venus des 4 coins du monde avec leurs guides. Pour ne pas me faire remarquer je joins différents groupes à tour de role, les allemands, français, anglophones. Tous les guides ont leurs blagues habituelles- toujours les mêmes- que les obéissants troupeaux accueillent en riant sagement. Que cela m’irrite. Je sais, je manque de tolérance.
Puis je m’installe avec mon livre dans un coin stratégique et je me laisse empreigner par l’atmosphère du site en attendant que les troupeaux sont emmenés pour se faire nourrir. C’est alors que je refais un tour tout à mon aise. Ce qui m’impressionne le plus est le contraste entre le gigantisme de la structure du temple d’un côté, la finesse, la grace, la subtilité des décorations de l’autre.
Malheureusement mon vieil appareil photo vient de rendre l’âme et le souvenir que je ramènerai de Luxor ne se trouvera que dans ma tête.
Je rend visite au musée de Luxor, qui déjà lors de mon dernier voyage en 91 m’avait fait grand impression. Entretemps il a encore été retravaillé et est à présent un joyaux tout simplement. Je ne sais pas si je suis chanceuse ou s’il ne se trouve pas sur la liste des endroits à visiter pour les troupeaux; en tout cas j’y suis tout à mon aise, à peine d’autres visiteurs.
Je me suis sentie rarement entourée d’autant de beauté crée par l’homme. L’émotion que je ressens est celle que me donnent autrement les paysages grandioses, la nature intouchée. Les sculptures exposées –en nombre reduit- ont été choisies d’après les plus hauts critères. Grandes ou petites, pour la plûpart elles sont simplement parfaites et d’ailleurs présentées de façon à leur rendre hommage. Je suis très émue et desormais amoureuse de Tutmosis II, grand guerrier de petite taille (1m50), qui n’aurait jamais perdu une bateille, raison pour laquelle il est toujours réprésenté jeune et magnifique.
Je décide de ne plus visiter les tombes de la rive ouest. J’en ai un souvenir très vivant et je sais que rien que ma respiration nuit aux peintures. Par ailleurs, claustrophobe que je suis, la visite avait été assez éprouvante pour moi la dernière fois. Je me contente donc de faire une ballade interminable dans la paix de la rive ouest, à travers les champs de canne à sucre sous le regard bien-veillant de la grande Hatchepsut (la vilaine momie aux mauvaises dents) et de tous les autres sommités ayant trouvé leur dernier repos dans ce flanc de montagne truffé de tombes.
Mon doux séjour à Luxor se termine, car la date de mon vol pour l’Australie approche. Je n’ai pas pris la peine de réserver mon train pour le Caire et je suis punie pour mon éternelle insouciance: les trains sont tous complets et je dois subir un trajet de nuit de 12 heures en bus. Je ferai mieux attention la prochaine fois.
En revanche mon vol vers l’Australie se passe super-bien. L’avion du Caire à Singapore est à 2/3 vide; je dispose donc de trois places et je dors bien. (Zut, on arrive déjà, je n’ai même pas regardé de film). Les 3 heures d’escale me permettent de remplacer mon appareil photo; l’évolution est remarquable: la petite merveille super-intelligente que je m’offre, coûte la moitié du prix de mon ancien appareil et a des performances 10x supérieures.
Internet est gratuit à l’aeroport de Singapore et j’y passe le reste du temps de mon escale. J’arrive à Perth dans les heures ingrates de la nuit vers 3h30 et je dors un peu à l’aeroport, le temps que la ville se réveille, que la cafétaria ouvre et que je reçois in petit déj. Je trouve aussi à prendre une bonne douche à l’aeroport et -du moins extérieurement- je suis donc fraîche quand je me rends en ville.
C’est à Luxor que je sens le plus ‘le baiser des pharaons’: les antiquités font partie intégrante de la vie quotidienne. Le grand temple de Luxor domine la ville et celui de Karnak se trouve à quelques km seulement.
Sur la rive ouest du Nile les colosses de Memnon surveillent les vallées des rois, reines et nobles. La vue des ces flancs de collines, inchangée depuis des millénaires, confère à la ville une atmosphère de sérénité intemporelle.
Hélas ces beaux sentiments sont desagréablement perturbés par le comportement des habitants. Confrontés à un défilé inintérompu de troupaux de touristes organisés, ayant beaucoup d’argent (du moins en comparaison avec l’égyptien de la rue) et pas la moindre idée des moeurs et coutumes du pays, les habitants de Luxor ont pris l’habitude de profiter au mieux du peu de temps don’t disposent ces gens entre leurs visites des antiquités, pour leur extraire un maximum de sous. Encore une fois, le gouvernement a fait de gros efforts pour limiter le harcèlement et la crainte de la police touristique est évidente. Il suffit souvent de lever la voix pour obtenir la paix et des excuses en profusion. Mais qui veut devoir lever la voix toutes les quelques minutes.
Le comportement vis-à-vis d’une femme seule dépasse carrément toutes les limites imaginables. Le mieux que j’ai entendu était un soir en passant dans une rue un peu sombre quelques adolescents qui me proposent: ‘Madam, come here, fuck here.’ Je me dis qu’ils ne savent pas très bien ce qu’ils disent et je les ignore. Par la suite je prends l’avis des gens habitant Luxor, qui m’assurent que, si, si, ils savent TRES bien ce qu’ils disent.
Il est un fait qu’il existe un nombre non négligeable d’Européennes d’un certains age qui semblent sensibles aux charmes des éphèbes autoctones. Je m’interdis toute indignation en me disant que si on accepte si bien la Thailande pour les hommes, pourquoi pas l’Egypte pour les femmes. Mais je ne sais pas si la demande justifie l’offre. Devoir supporter n’importe quelle familiarité de n’importe qui me révolte au plus haut dégré. Je n’ai plus du tout envie de me faire apprendre par des gamins de 19 ans ce don’t j’ai besoin pour mon bonheur (egyptian husband, very strong!) ou de me faire appeller ‘darling, baby, my love et my flower’ par chauffeurs de taxi, capitaine de felouque ou d’autres jeunes étalons aux pantalons bien remplis. (Ai-je vraiment l’air si mal-baisée??) Je passe donc à l’attaque et je leur fais comprendre à très haute voix –de façon à attirer l’attention de bcp de monde et qui sait d’un policier..- à quel point j’estime leur comportement inadéquat et vexant et je menace de les signaler à la police touristique. L’effet est immédiat et à action prolongée: on a dû se le dire: ‘la grande conasse n’est pas marrante, il vaut mieux la laisser tranquille’. J’ai alors la paix, ou quasi, pour le reste du temps. Bonne chose, car je passe une dixaine de jours à Luxor, vue que notre ami Maurice Merchie y a son splendide cocktail-bar dans un houseboat sur le Nile: excellente companie donc en soirée dans un cadre recherché et soigné à l’européenne, où mêmes les toilettes sont élégantes et fonctionnent correctement –cela me change bien des derniers mois- et j’en profite à fond!
En journée j’explore Luxor à pied ou en vélo, en essayant –mais pas toujours avec succès- d’éviter les cars qui déversent leurs chargement de troupeaux touristiques.
Comme je ne suis pas pressée, je prends beaucoup de temps pour visiter un site. Dans l’immense temple de Karnak par exemple, je suis pendant un moment les troupeaux venus des 4 coins du monde avec leurs guides. Pour ne pas me faire remarquer je joins différents groupes à tour de role, les allemands, français, anglophones. Tous les guides ont leurs blagues habituelles- toujours les mêmes- que les obéissants troupeaux accueillent en riant sagement. Que cela m’irrite. Je sais, je manque de tolérance.
Puis je m’installe avec mon livre dans un coin stratégique et je me laisse empreigner par l’atmosphère du site en attendant que les troupeaux sont emmenés pour se faire nourrir. C’est alors que je refais un tour tout à mon aise. Ce qui m’impressionne le plus est le contraste entre le gigantisme de la structure du temple d’un côté, la finesse, la grace, la subtilité des décorations de l’autre.
Malheureusement mon vieil appareil photo vient de rendre l’âme et le souvenir que je ramènerai de Luxor ne se trouvera que dans ma tête.
Je rend visite au musée de Luxor, qui déjà lors de mon dernier voyage en 91 m’avait fait grand impression. Entretemps il a encore été retravaillé et est à présent un joyaux tout simplement. Je ne sais pas si je suis chanceuse ou s’il ne se trouve pas sur la liste des endroits à visiter pour les troupeaux; en tout cas j’y suis tout à mon aise, à peine d’autres visiteurs.
Je me suis sentie rarement entourée d’autant de beauté crée par l’homme. L’émotion que je ressens est celle que me donnent autrement les paysages grandioses, la nature intouchée. Les sculptures exposées –en nombre reduit- ont été choisies d’après les plus hauts critères. Grandes ou petites, pour la plûpart elles sont simplement parfaites et d’ailleurs présentées de façon à leur rendre hommage. Je suis très émue et desormais amoureuse de Tutmosis II, grand guerrier de petite taille (1m50), qui n’aurait jamais perdu une bateille, raison pour laquelle il est toujours réprésenté jeune et magnifique.
Je décide de ne plus visiter les tombes de la rive ouest. J’en ai un souvenir très vivant et je sais que rien que ma respiration nuit aux peintures. Par ailleurs, claustrophobe que je suis, la visite avait été assez éprouvante pour moi la dernière fois. Je me contente donc de faire une ballade interminable dans la paix de la rive ouest, à travers les champs de canne à sucre sous le regard bien-veillant de la grande Hatchepsut (la vilaine momie aux mauvaises dents) et de tous les autres sommités ayant trouvé leur dernier repos dans ce flanc de montagne truffé de tombes.
Mon doux séjour à Luxor se termine, car la date de mon vol pour l’Australie approche. Je n’ai pas pris la peine de réserver mon train pour le Caire et je suis punie pour mon éternelle insouciance: les trains sont tous complets et je dois subir un trajet de nuit de 12 heures en bus. Je ferai mieux attention la prochaine fois.
En revanche mon vol vers l’Australie se passe super-bien. L’avion du Caire à Singapore est à 2/3 vide; je dispose donc de trois places et je dors bien. (Zut, on arrive déjà, je n’ai même pas regardé de film). Les 3 heures d’escale me permettent de remplacer mon appareil photo; l’évolution est remarquable: la petite merveille super-intelligente que je m’offre, coûte la moitié du prix de mon ancien appareil et a des performances 10x supérieures.
Internet est gratuit à l’aeroport de Singapore et j’y passe le reste du temps de mon escale. J’arrive à Perth dans les heures ingrates de la nuit vers 3h30 et je dors un peu à l’aeroport, le temps que la ville se réveille, que la cafétaria ouvre et que je reçois in petit déj. Je trouve aussi à prendre une bonne douche à l’aeroport et -du moins extérieurement- je suis donc fraîche quand je me rends en ville.
Baharya, Black Desert, White Desert
Retour au Caire pour une nuit, puis bus pour Baharya, l'oasis à l'entrée du desert noir et du désert blanc. Voici que je passe une semaine de pure emerveillement à explorer les différentes parties de ces déserts. Les paysages changent dramatiquement en déans les quelques km. Le desert noir est en sable doré, mais recouvert d'une couche de particules noir. Pourquoi ils ne se mélangent pas au sable??? Je ne peux que supposer: il me semble que le sable a p-ê une plus grande fluidité, de sorte que -laisser à lui méme- il finit toujours par passer entre les particules noirs, ou alors il est plus leger et le vent a tendance de l'emporter. En tout cas, c'est toujours là, où il y a le moins de perturbations exterieure, par exemple sur les sommets des collines, que le noir est le plus intense.

Du desert noir on passe vers le désert blanc, parmis les paysages les plus spectaculaires que je n'ai jamais vus. Par moment je me crois à la côte et je suis sure que là-bas il y a la mer, parfois en pleine Antartique avec des icebergs tout autour de moi. Des sculptures en calcaire d'une blancheur immaculée et de formes les plus fantaisistes sont parsemées sur le sol déjà blanc de neige. On dirait la banquise en plein Sahara. C'est féerique.
Je passe des moments inoubliables. Les nuances de blanc changent avec la lumière; elles passe du blancs immaculé en pleine journée vers le doré, l'orangé, rosé, carmin dans le soleil couchant pour briller en argenté sous la lune.


Un jour le ciel n'est pas bleu comme d'habitude, mais presque blanc. C'est les photos de ce jour que j'aime le plus. Et puis, la nuit, ici aussi j'apporte de la pluie. Pas très forte, mais quand-même. P-ê devrais-je en faire un métier.

C'est très difficile de dire adieu à Baharya et ses Bédouins, mais je sais dejà que ce n'est qu'un au revoir, car je suis decidée de faire un trip plus long en autonomie d'ici vers les régions plus éloignées, plus insolites encore avec ces fils du desert, qui s'y trouvent tant à leur aise. (Hélas, ces aventures demandent bcp de logistique et ne seront pas données, mais je ferai l'effort.)
Du desert noir on passe vers le désert blanc, parmis les paysages les plus spectaculaires que je n'ai jamais vus. Par moment je me crois à la côte et je suis sure que là-bas il y a la mer, parfois en pleine Antartique avec des icebergs tout autour de moi. Des sculptures en calcaire d'une blancheur immaculée et de formes les plus fantaisistes sont parsemées sur le sol déjà blanc de neige. On dirait la banquise en plein Sahara. C'est féerique.
Je passe des moments inoubliables. Les nuances de blanc changent avec la lumière; elles passe du blancs immaculé en pleine journée vers le doré, l'orangé, rosé, carmin dans le soleil couchant pour briller en argenté sous la lune.
Un camps dans l'immensité et le calme surnaturel de ces paysages, des Bédouins qui savent créer l'ambience d'un foyer chaleureux pour la nuit en toutes circonstances et malgré le froid glacial après une journée de conduite insolite off-road à travers les dunes, les rochers….. vive Toyota, c'est fou ce qu'une Cruiser sait faire quand elle est en bonnes mains.
Un jour le ciel n'est pas bleu comme d'habitude, mais presque blanc. C'est les photos de ce jour que j'aime le plus. Et puis, la nuit, ici aussi j'apporte de la pluie. Pas très forte, mais quand-même. P-ê devrais-je en faire un métier.
C'est très difficile de dire adieu à Baharya et ses Bédouins, mais je sais dejà que ce n'est qu'un au revoir, car je suis decidée de faire un trip plus long en autonomie d'ici vers les régions plus éloignées, plus insolites encore avec ces fils du desert, qui s'y trouvent tant à leur aise. (Hélas, ces aventures demandent bcp de logistique et ne seront pas données, mais je ferai l'effort.)
Mon chemin continue vers Siwa, oasis le plus à l'ouest, vers la frontière lybienne, que j’atteins après une journée d’autobus.
La petite ville principale de l'oasis, Siwa-town, s'est développée autour de l'ancienne forteresse de Shali, datant du 13ème sciècle, qui protégeait les habitants de Siwa des envahisseurs lybiens. C'est une construction étonnante en 'kershef', de gros blocs de sel venant du lac devant la ville et des pierres noyés dans de la glaise du coin. Initiallement la construction avait 4 ou 5 étages en hauteur et abritait des centaines de familles. Après avoir résisté pendant plus de 5 sciècles aux agressions diverses, tempêtes de sables, froid glacial, canicules, invasions lybiennes etc, 3 jours de pluie continuelle en 1926 ont eu raison du Shali; une grande partie de la forteresse a simplement fondue. Aujourd'hui les vestiges toujours impressionnants dominent Siwa-Town. Eclairés le soir ils me surprennent quand j'arrive. Je ne les avais pas imaginés si grands.
La petite ville principale de l'oasis, Siwa-town, s'est développée autour de l'ancienne forteresse de Shali, datant du 13ème sciècle, qui protégeait les habitants de Siwa des envahisseurs lybiens. C'est une construction étonnante en 'kershef', de gros blocs de sel venant du lac devant la ville et des pierres noyés dans de la glaise du coin. Initiallement la construction avait 4 ou 5 étages en hauteur et abritait des centaines de familles. Après avoir résisté pendant plus de 5 sciècles aux agressions diverses, tempêtes de sables, froid glacial, canicules, invasions lybiennes etc, 3 jours de pluie continuelle en 1926 ont eu raison du Shali; une grande partie de la forteresse a simplement fondue. Aujourd'hui les vestiges toujours impressionnants dominent Siwa-Town. Eclairés le soir ils me surprennent quand j'arrive. Je ne les avais pas imaginés si grands.
Je trouve une chouette auberge (à nouveau dans mes prix) où je rencontre des voyageurs et mon humeur se retablit très rapidement, d'autant plus que l'air sec du désert me debarasse finalement de cette toux agaçante.
Je reste prèsque toute une semaine. Spécial, l'oasis: de l'eau en abondance mais une impression de sècheresse, vue qu'aucune pluie ne raffraîchit jamais la terre et la végétation (ou prèsque jamais, tous les 7 ou 10 ans); les palmiers ne sont pas vraiment verts, mais plutôt gris par la poussière. (Mais ils produisent les dattes les plus prisées de tout le pays, dit-on) D'un autre côté, l'eau jaillit du sol sans pompes ni energie extérieure quelconque, sous la seul pression artésienne. Il y a sources froides et sources chaudes, les dernières servent de salle de bain aux habitants. C'est une habitude d'y aller se laver le soir. Certaines maisons ont de l'eau chaude directement des sources.
Le desert autour de Siwa fait partie de la Great Sand Sea, l'ocean de sable, qui s'étend sur des milliers de km. Les dunes de sables à perte de vue sont spectaculaires et les ordures n'y sont pas encore arrivées. (Je ramasse les quelques unes que je trouve.) Le sable est doré et brille sous le soleil. C'est d'une beauté irreelle.
C'est à Siwa qu'Alexandre le Grand est venu demander conseil à l'oracle, c'est ici aussi que se trouve sa tombe.
Un bon matin je me réveille et je sens tout de suite que quelque chose est très différente: en fait, il n'y a point de soleil ce matin! Le ciel est noir et menaçant. Mais bien sûr, je sais qu'il ne va pas pleuvoir, puisque cela n'arrive que tous les…… mais si, mais si. Il pleuvra et pas un peu. C'est incroyable mais vrai. Sans être torentielle, la pluie persiste durant toute la journée; le Shali font un peu plus et les routes se transforment en bains de boue. C'est très inconfortable, marcher devient une aventure et on est contraint d'abandonner les derniers critères de propreté. En plus il fait misérablement froid. Vive le chocolat chaud avec du rhum.
Temps de quitter Siwa. Je remonte à la côte méditerrannéenne vers Marsa Matruh. En été un endroit de vacances prisé par les gens du Caire, cette ville hiverne et est agréablement calme et vide. Avec ses plages d'une blancheur étonnante et une mer bleu-turquoise intense elle a tout pour plaire. (Si seulement les ordures n'étaient pas à nouveau au rendez-vous!)
Je reste prèsque toute une semaine. Spécial, l'oasis: de l'eau en abondance mais une impression de sècheresse, vue qu'aucune pluie ne raffraîchit jamais la terre et la végétation (ou prèsque jamais, tous les 7 ou 10 ans); les palmiers ne sont pas vraiment verts, mais plutôt gris par la poussière. (Mais ils produisent les dattes les plus prisées de tout le pays, dit-on) D'un autre côté, l'eau jaillit du sol sans pompes ni energie extérieure quelconque, sous la seul pression artésienne. Il y a sources froides et sources chaudes, les dernières servent de salle de bain aux habitants. C'est une habitude d'y aller se laver le soir. Certaines maisons ont de l'eau chaude directement des sources.
Le desert autour de Siwa fait partie de la Great Sand Sea, l'ocean de sable, qui s'étend sur des milliers de km. Les dunes de sables à perte de vue sont spectaculaires et les ordures n'y sont pas encore arrivées. (Je ramasse les quelques unes que je trouve.) Le sable est doré et brille sous le soleil. C'est d'une beauté irreelle.
C'est à Siwa qu'Alexandre le Grand est venu demander conseil à l'oracle, c'est ici aussi que se trouve sa tombe.
Un bon matin je me réveille et je sens tout de suite que quelque chose est très différente: en fait, il n'y a point de soleil ce matin! Le ciel est noir et menaçant. Mais bien sûr, je sais qu'il ne va pas pleuvoir, puisque cela n'arrive que tous les…… mais si, mais si. Il pleuvra et pas un peu. C'est incroyable mais vrai. Sans être torentielle, la pluie persiste durant toute la journée; le Shali font un peu plus et les routes se transforment en bains de boue. C'est très inconfortable, marcher devient une aventure et on est contraint d'abandonner les derniers critères de propreté. En plus il fait misérablement froid. Vive le chocolat chaud avec du rhum.
Temps de quitter Siwa. Je remonte à la côte méditerrannéenne vers Marsa Matruh. En été un endroit de vacances prisé par les gens du Caire, cette ville hiverne et est agréablement calme et vide. Avec ses plages d'une blancheur étonnante et une mer bleu-turquoise intense elle a tout pour plaire. (Si seulement les ordures n'étaient pas à nouveau au rendez-vous!)
Saturday, March 8, 2008
Alexandria
Je mets les voiles (bus) pour Port Said dans un état d'âme 'creux de la vague'. Quand en arrivant je cherche mon hôtel et quelqu'un m'adresse avec l'habituel 'Hello, what is your name, where are you from?' j'en suis tellement exaspérée que je ne peux m'empêcher de l'engueuler; sa réaction: 'Ok, Ok, you don't need to tell me; just say, that your name is Madonna and that you are from the moon.' Je dois sourire malgré tout et je me servirai de cette réponse de nombreuses fois dans les jours qui suivent. Surtout ne croyez pas qu'ainsi je parviens à surprendre qui que ce soit. Sans la moingre hesitation on me répond par exemple 'Oh, this is why you are so pale. You see, I am from the sun, this is why I'm dark.' Difficile de rester fâchée longtemps.
Port Said me deçoit un peu. J'avais rêvé d'un flair international, d'une atmosphère palpitante de grand voyage maritime. Je ne trouve rien de tout cela (p-ê que je n'ai pas bien regardé…) et je quitte après deux jours seulement pour Alexandrie.
Je me rends comte que je ne suis pas aussi heureuse que je souhaiterais l'être et je suis consciente que je dois changer quelque chose dans ma façon de faire, car le pays ne changera pas pour moi. Première chose: cela fait plus de 5 semaines que je vis dans des conditions super-modestes. Mon hôtel à Port Said notemment était carrément dégueulasse; je n'ai mangé qu'aux coins des rues jusqu'à présent. Je fais une évaluation rapide: mon budget se porte bien mais moi pas. Donc on va changer cela: En Alexandrie je prends une chambre dans un hôtel sur la 'Kornish', avec vue sur la splendide baie, une salle de bain étincellante, balcon, télé et tout le fourbis, (qui coûte plus que mon budget journalier entier, mais que diable!) Le soir je vais manger dans un des meilleurs restos de la ville un poisson ruisselant de fraîcheur, que je choisis sur la glace et qui sera préparé pour moi à la perfection. Un delice!! Curieux, il ne faut parfois que de peu de choses, pour améliorer l'état d'âme.
Port Said me deçoit un peu. J'avais rêvé d'un flair international, d'une atmosphère palpitante de grand voyage maritime. Je ne trouve rien de tout cela (p-ê que je n'ai pas bien regardé…) et je quitte après deux jours seulement pour Alexandrie.
Je me rends comte que je ne suis pas aussi heureuse que je souhaiterais l'être et je suis consciente que je dois changer quelque chose dans ma façon de faire, car le pays ne changera pas pour moi. Première chose: cela fait plus de 5 semaines que je vis dans des conditions super-modestes. Mon hôtel à Port Said notemment était carrément dégueulasse; je n'ai mangé qu'aux coins des rues jusqu'à présent. Je fais une évaluation rapide: mon budget se porte bien mais moi pas. Donc on va changer cela: En Alexandrie je prends une chambre dans un hôtel sur la 'Kornish', avec vue sur la splendide baie, une salle de bain étincellante, balcon, télé et tout le fourbis, (qui coûte plus que mon budget journalier entier, mais que diable!) Le soir je vais manger dans un des meilleurs restos de la ville un poisson ruisselant de fraîcheur, que je choisis sur la glace et qui sera préparé pour moi à la perfection. Un delice!! Curieux, il ne faut parfois que de peu de choses, pour améliorer l'état d'âme.
Alexandrie, (Cannes avec de l'acné), la belle, sur la mer turquoise, me plaît beaucoup.
Traverser les grandes rues est aussi difficile qu'au Caire, mais il y en a moins. L'air de la mer rend la respiration plus aisée mais ne parvient pas de me débarasser de la toux persistante, qui me harcèle depuis le Caire, alors que je ne suis point malade.
De son passé glorieux ne restent que peu de vestiges, puisque l'air maritime n'a pas pu conserver les monuments comme la sècheresse de la haute Egypte. Par aquis de conscience je vais voir catacombes et sphinxes divers. Très intéressant reellement le mélange d'influences égyptiennes, greques et romaines.
Traverser les grandes rues est aussi difficile qu'au Caire, mais il y en a moins. L'air de la mer rend la respiration plus aisée mais ne parvient pas de me débarasser de la toux persistante, qui me harcèle depuis le Caire, alors que je ne suis point malade.
De son passé glorieux ne restent que peu de vestiges, puisque l'air maritime n'a pas pu conserver les monuments comme la sècheresse de la haute Egypte. Par aquis de conscience je vais voir catacombes et sphinxes divers. Très intéressant reellement le mélange d'influences égyptiennes, greques et romaines.

La nouvelle bibliothèque ne vaut p-ê pas l'ancienne, mais c'est une réalisation admirable. Les débris du fameux fard ont quand-même servi à construire un fort.
Une très chouette façon de voir la ville est de prendre le tram. Pour 3 cents on peut se faire ballader pendant au moins une heure; lentement bien sûr dans les rues encombrées et la circulation congestionnée. En méme temps on a une impression de la vie quotidienne de la ville: les ménagères chargées de leurs courses pour familles nombreuses, les enfants revenants de l'école…. Souvent le premier wagon est réservé aux femmes!
Un jour j'ai l'occasion d'assister à la rentrée d'un filet de pèche, qui avait éte déployé dans la grande baie du port de l'est. Une dixaine d'hommes travaillent dur pendant au moins 2 heures pour ramener le filet. Bien entendu se trouvent dans les mailles de nombreux détritus, qui doivent être péniblement enlevés un à un à la main. Que fait-on de ces ordures???? Pas de problèmes: on les rejette à la mer!!!! Faut quand-même s'assurer que demain il y en aura encore!!! Que peut-on faire que de hausser les épaules? Que j'aimerais organiser ce pays, pourtant si beau!
La récolte de la pèche me semble plus que modeste: quelques bacs de sardines, vendues directement aux particuliers qui attendaient sur place, tout comme les chats, qui eux aussi reçoivent leurs portions.
Je consacre une journée à la visite de El Alamein à une bonne centaine de km d’Alexandrie, champs de bateille de WWII tristement célèbre pour avoir coûté un nombre débile de vies des deux côtés. Comme sur tous le cimetières de soldats je suis émue au plus profond de moi face aux rangs de croix à perte de vue. Sur le cimetière du Commonwealth des centaines de tombes de jeunes Australiens et Néozélandais; qu’est-ce qu’ils avaient bien à foutre dans ce désert de l’autre hémisphère?
Une très chouette façon de voir la ville est de prendre le tram. Pour 3 cents on peut se faire ballader pendant au moins une heure; lentement bien sûr dans les rues encombrées et la circulation congestionnée. En méme temps on a une impression de la vie quotidienne de la ville: les ménagères chargées de leurs courses pour familles nombreuses, les enfants revenants de l'école…. Souvent le premier wagon est réservé aux femmes!
Un jour j'ai l'occasion d'assister à la rentrée d'un filet de pèche, qui avait éte déployé dans la grande baie du port de l'est. Une dixaine d'hommes travaillent dur pendant au moins 2 heures pour ramener le filet. Bien entendu se trouvent dans les mailles de nombreux détritus, qui doivent être péniblement enlevés un à un à la main. Que fait-on de ces ordures???? Pas de problèmes: on les rejette à la mer!!!! Faut quand-même s'assurer que demain il y en aura encore!!! Que peut-on faire que de hausser les épaules? Que j'aimerais organiser ce pays, pourtant si beau!
La récolte de la pèche me semble plus que modeste: quelques bacs de sardines, vendues directement aux particuliers qui attendaient sur place, tout comme les chats, qui eux aussi reçoivent leurs portions.
Je consacre une journée à la visite de El Alamein à une bonne centaine de km d’Alexandrie, champs de bateille de WWII tristement célèbre pour avoir coûté un nombre débile de vies des deux côtés. Comme sur tous le cimetières de soldats je suis émue au plus profond de moi face aux rangs de croix à perte de vue. Sur le cimetière du Commonwealth des centaines de tombes de jeunes Australiens et Néozélandais; qu’est-ce qu’ils avaient bien à foutre dans ce désert de l’autre hémisphère?
Tout comme Noël, le réveillon du Nouvel An est une déception. Je suis spécialement restée en Alexandrie dans l'espoir d'y trouver un genre d'ambiance, mais mise à part qq pétards qui m'effrayent dans la rue, c'est une soirée comme une autre. Bon….
Au Caire: les pyramides, le musee national et la prolongation de mon visa
Je me décide de visiter à nouveau les pyramides. Je suis venu avec ma maman quand j'avais dix ans. Les pyramides se trouvaient alors loin de la ville dans le desert et j'en avais été fascinée. Je les ai revues en 1991 et j'en ai gardé un souvenir mitigé, notemment du fait que la grosse pieuvre, qu'est le Caire, avait étendu ses tentacules jusqu'aux pieds des pharaons. Je veux raffraichir ma mémoire, même si je risque d'être déçue!
Je trouve le bon bus grace à l'aide précieuse d'un gamin dans la rue qui n'a rien de mieux à faire que de m'accompagner à la station des bus. En descendant je suis préparée d'affronter l'assaut des gars, qui cherchent à vendre n'importe quoi ou te raconte que 'pyramids closed today'. Je suis positivement surprise qu'on me laisse relativement tranquille. Une fois dans l'enceinte du plateau, on est en fait tout à fait tranquil, si ce n'est pour ceux qui proposent leur chevaux ou chameaux pour la ballade dans le désert.
Désert, oui, car désert il y a! Si les faubourgs de la ville arrivent effectivement jusqu'au plateau d'un côté, c'est de l'autre côté des pyramides qu'on a préservé le désert à perte de vue, de sorte, qu'on peut toujours voir les monuments dans leur décor original; il suffit de regarder du bon côté!
Eh bien, je ne suis pas déçue du tout! Bien au contraire: Suite aux efforts du gouvernement l'harcèlement du touriste don't j'avais gardé un très mauvais souvenir a quasiment disparu. Bien entendu on vient proposer les chevaux et les chameaux, car l'étendu du désert rend difficile le déplacement à pied. En fait, je suis aujourd'hui la seule qui est contrainte de choisir cette option -mes allergies ne me permettent pas le cheval, et pour le chameau je n'en sais rien et je ne prendrai pas le risque. La poussière est déjà assez pénible pour moi, mais je la préfère au gaz d'échappement de la ville.
Je me promène de longs km dans le désert. La marche dans le sable mou est très fatigante et à la fin de la journée je ne sais prèsque plus mettre un pied devant l'autre.
Mais combien ai-je aimé ma journée. Quand je me trouve à la fin en face du sphinx avec les pyramides derrière lui et le désert en arrière-fond, le tout baignant dans la douce lumière du soleil déjà couchant, je trouve que le site n'a rien perdu du tout de sa fascination, de sa magie et de son mystère intemporel.
De même qu'aux pyramides je rends une nouvelle visite au musée national. Ici aussi l'impression est plutôt positive. Mon souvenir de la dernière visite se résumait en trésors mal exposés et empoussiérés, centaines de momies en couches multiples, bric à brac divers difficile à saisir. Visiblement les choses ont changé vers le meilleur. Si les conditions d'exposition sont toujours loins de rendre un hommage adéquat aux trésors
éxposés, elles me semblent tout de même sérieusement améliorées. Je me perds à nouveau dans le sourire doré, juvenil et pulpeux, de Tut Anch Amun, dans l'arrogance decadente d'Akhenathon dans sa niche confortable nouvellement aménagée.
De plus en plus je pense que Berlin devait rendre le superbe buste de Nefertiti, qui est la fierté de son musée égyptien. C'est ici qu'elle appartient, avec son mari. Berlin pourrait avoir une belle copie.
Je me décide de payer la petite fortune que coûte l'entrée pour voir les momies royales. Faut quand-même satisfaire sa curiosité. Je suis impressionnée de voir qu'elles ont effectivement pu conserver des traits de visage individuels. J'admire le profil aristocratique et hautain de Ramses II, mais je dois constater que la plus vilaine momie présente est celle de la grande Hatchepsut. J'apprends que c'est la momie d'une femme obèse aux mauvaises dents. Ce n'est pas édifiant!!
Les jours au Caire s'écoulent, alors que je visite les différents quartiers, toujours à pied ou en transport public. Je passe bcp de temps à être perdue; mais cela est aussi souvent très intéressant. Malgré ma détermination de rester sen, mon humeur commence à sérieusement souffrir de la foule, du bruit, de la drague perpétuelle et surtout de la crasse, des ordures partout. Alors qu'on se fait briller les chaussures à tous les coins de rue, on ne se gène absolument pas de laisser tomber par terre n'importe quoi dont on n'a plus besoin. C'est révoltant. Cette ville est une immense poubelle. Les berges du Nil ne sont pas non plus épargnées et la 'Kornish' n'est romantique qu'en soirée, quand on ne voit pas les salopperies.
En plus, comme j'habite dans un petit hôtel et pas dans une auberge de voyageurs, je n'ai pas de contact avec d'autres gens comme moi, mais seulement les conversations précaires 'à l'égyptienne' où l'on essaye de se comprendre pour commencer point de vue langue, puis de louvoyer pour rester polie sans donner de fausses impressions. C'est fatiguant! Aussi je suis contente, quand arrive le grand jour, où je reçois finalement ma prolongation de visa. Je reconnais que j'ai commis une erreur douloureuse en la demandant au Caire. Ailleurs cela aurait été une partie de plaisir, mais ici l'opération m'aura coûté 2 matinées, qui m'ont prèsque amenée au bout de mes forces. L'immense bâtiment bourré de gens superexités, qui se passent dessus les uns les autres, qui ne se gènent pas de presque m'écraser….. Tout cela est vraiment trop pour moi. A un moment donné je me demande si je vais pleurer ou alors me fâcher pour de bon. Je décide pour le dernier et je suis surprise de l'effet que j'obtiens: on arrête de me pousser de tout côté et on recule en respect. Ouffff, s'ils savaient que j'avais été sur le point de pleurer…je reconnais que c'est souvent utile d'avoir une tête de plus en hauteur!
Je passe Noël au Caire. Le 24.12. au soir je me ballade dans le quartier copte en espérant de trouver une manifestation de fête, p-ê une messe (à laquelle j'aurais participé avec plaisir, même non-croyante que je suis). C'est raté, aucune ambience de fête; bien au contraire, dans les ruelles un peu lugubres de ce quartier je me fais enmerder encore plus que d'habitude par des jeunes mâles incapables de gérer leur taux de testostérone. Ce n'est pas le réveillon de Noël le plus passionnant que j'ai jamais vécu. J'apprends par la suite que le Noël des Coptes a lieu le 7.1. et pas le 24.12. Mais pas sure que cela aurait été différent.
Je trouve le bon bus grace à l'aide précieuse d'un gamin dans la rue qui n'a rien de mieux à faire que de m'accompagner à la station des bus. En descendant je suis préparée d'affronter l'assaut des gars, qui cherchent à vendre n'importe quoi ou te raconte que 'pyramids closed today'. Je suis positivement surprise qu'on me laisse relativement tranquille. Une fois dans l'enceinte du plateau, on est en fait tout à fait tranquil, si ce n'est pour ceux qui proposent leur chevaux ou chameaux pour la ballade dans le désert.
Désert, oui, car désert il y a! Si les faubourgs de la ville arrivent effectivement jusqu'au plateau d'un côté, c'est de l'autre côté des pyramides qu'on a préservé le désert à perte de vue, de sorte, qu'on peut toujours voir les monuments dans leur décor original; il suffit de regarder du bon côté!
Eh bien, je ne suis pas déçue du tout! Bien au contraire: Suite aux efforts du gouvernement l'harcèlement du touriste don't j'avais gardé un très mauvais souvenir a quasiment disparu. Bien entendu on vient proposer les chevaux et les chameaux, car l'étendu du désert rend difficile le déplacement à pied. En fait, je suis aujourd'hui la seule qui est contrainte de choisir cette option -mes allergies ne me permettent pas le cheval, et pour le chameau je n'en sais rien et je ne prendrai pas le risque. La poussière est déjà assez pénible pour moi, mais je la préfère au gaz d'échappement de la ville.
Je me promène de longs km dans le désert. La marche dans le sable mou est très fatigante et à la fin de la journée je ne sais prèsque plus mettre un pied devant l'autre.
Mais combien ai-je aimé ma journée. Quand je me trouve à la fin en face du sphinx avec les pyramides derrière lui et le désert en arrière-fond, le tout baignant dans la douce lumière du soleil déjà couchant, je trouve que le site n'a rien perdu du tout de sa fascination, de sa magie et de son mystère intemporel.
De même qu'aux pyramides je rends une nouvelle visite au musée national. Ici aussi l'impression est plutôt positive. Mon souvenir de la dernière visite se résumait en trésors mal exposés et empoussiérés, centaines de momies en couches multiples, bric à brac divers difficile à saisir. Visiblement les choses ont changé vers le meilleur. Si les conditions d'exposition sont toujours loins de rendre un hommage adéquat aux trésors
éxposés, elles me semblent tout de même sérieusement améliorées. Je me perds à nouveau dans le sourire doré, juvenil et pulpeux, de Tut Anch Amun, dans l'arrogance decadente d'Akhenathon dans sa niche confortable nouvellement aménagée.
De plus en plus je pense que Berlin devait rendre le superbe buste de Nefertiti, qui est la fierté de son musée égyptien. C'est ici qu'elle appartient, avec son mari. Berlin pourrait avoir une belle copie.
Je me décide de payer la petite fortune que coûte l'entrée pour voir les momies royales. Faut quand-même satisfaire sa curiosité. Je suis impressionnée de voir qu'elles ont effectivement pu conserver des traits de visage individuels. J'admire le profil aristocratique et hautain de Ramses II, mais je dois constater que la plus vilaine momie présente est celle de la grande Hatchepsut. J'apprends que c'est la momie d'une femme obèse aux mauvaises dents. Ce n'est pas édifiant!!
Les jours au Caire s'écoulent, alors que je visite les différents quartiers, toujours à pied ou en transport public. Je passe bcp de temps à être perdue; mais cela est aussi souvent très intéressant. Malgré ma détermination de rester sen, mon humeur commence à sérieusement souffrir de la foule, du bruit, de la drague perpétuelle et surtout de la crasse, des ordures partout. Alors qu'on se fait briller les chaussures à tous les coins de rue, on ne se gène absolument pas de laisser tomber par terre n'importe quoi dont on n'a plus besoin. C'est révoltant. Cette ville est une immense poubelle. Les berges du Nil ne sont pas non plus épargnées et la 'Kornish' n'est romantique qu'en soirée, quand on ne voit pas les salopperies.
En plus, comme j'habite dans un petit hôtel et pas dans une auberge de voyageurs, je n'ai pas de contact avec d'autres gens comme moi, mais seulement les conversations précaires 'à l'égyptienne' où l'on essaye de se comprendre pour commencer point de vue langue, puis de louvoyer pour rester polie sans donner de fausses impressions. C'est fatiguant! Aussi je suis contente, quand arrive le grand jour, où je reçois finalement ma prolongation de visa. Je reconnais que j'ai commis une erreur douloureuse en la demandant au Caire. Ailleurs cela aurait été une partie de plaisir, mais ici l'opération m'aura coûté 2 matinées, qui m'ont prèsque amenée au bout de mes forces. L'immense bâtiment bourré de gens superexités, qui se passent dessus les uns les autres, qui ne se gènent pas de presque m'écraser….. Tout cela est vraiment trop pour moi. A un moment donné je me demande si je vais pleurer ou alors me fâcher pour de bon. Je décide pour le dernier et je suis surprise de l'effet que j'obtiens: on arrête de me pousser de tout côté et on recule en respect. Ouffff, s'ils savaient que j'avais été sur le point de pleurer…je reconnais que c'est souvent utile d'avoir une tête de plus en hauteur!
Je passe Noël au Caire. Le 24.12. au soir je me ballade dans le quartier copte en espérant de trouver une manifestation de fête, p-ê une messe (à laquelle j'aurais participé avec plaisir, même non-croyante que je suis). C'est raté, aucune ambience de fête; bien au contraire, dans les ruelles un peu lugubres de ce quartier je me fais enmerder encore plus que d'habitude par des jeunes mâles incapables de gérer leur taux de testostérone. Ce n'est pas le réveillon de Noël le plus passionnant que j'ai jamais vécu. J'apprends par la suite que le Noël des Coptes a lieu le 7.1. et pas le 24.12. Mais pas sure que cela aurait été différent.
La fete du sacrifice

La fête du sacrifice relate l'obéissance d'Ibrahim (Abraham) vis-à-vis de Dieu, quand ce dernier lui demande de sacrifier son fils unique Isaak. En bonne chrétienne je me souviens bien-sûr que Dieu avait épargné Isaak et qu'une chèvre ou un agneau a été sacrifié à sa place. Cette fête est alors aujourd'hui chez les musulmans ici la fête de la viande. Lors de cette fête tout la monde mangera de la viande (denrée chère et rare, que la plus grande partie de la population ne mange pas souvent). Si 20 Millions de gens au Caire vont manger de la viande ce jour, il y aura bcp de bovins, d'agneaux, etc, qui ne verront pas le lendemain.
Et effectivement: les rues autour des marchés se transforment en abattoirs. Moi, qui n'a jamais vu tuer un boeuf, (seulement des pauvres petits cochons en Indonésie) je suis à présent spécialiste dans la matière.
Le tout commence un matin, alors que je me suis mise en route pour explorer le quartier des souks et que je me perds dans ce qu'on pourrait appeller la 'Grande rue des Bouchers'. En coin de rue je vois une agitation frénetique et une foule de gens qui regarde. Une équipe d'une dixaine de bouchers sont en train de découper 2 grands boeufs. J'admire l'efficacité et le team-work et je glande pour observer. Entretemps un spectateur m'explique que les animaux appartiennent à des individus, qui viennent ici pour les faire abattre et découper.
Et effectivement: les rues autour des marchés se transforment en abattoirs. Moi, qui n'a jamais vu tuer un boeuf, (seulement des pauvres petits cochons en Indonésie) je suis à présent spécialiste dans la matière.
Le tout commence un matin, alors que je me suis mise en route pour explorer le quartier des souks et que je me perds dans ce qu'on pourrait appeller la 'Grande rue des Bouchers'. En coin de rue je vois une agitation frénetique et une foule de gens qui regarde. Une équipe d'une dixaine de bouchers sont en train de découper 2 grands boeufs. J'admire l'efficacité et le team-work et je glande pour observer. Entretemps un spectateur m'explique que les animaux appartiennent à des individus, qui viennent ici pour les faire abattre et découper.
Je m'apperçois alors d'une vingtaine de jeunes tauraux bien vivants attachés un peu plus loin et j'ai quelques soucis quant à leur destin. Effectivement ils attendent leur tour.
Ma curiosité gagne sur mon dégoût et j'assiste à l'égorgement des 4 bêtes suivantes. L'acte en lui-même n'est pas spectaculaire. On tranche la gorge et on laisse écouler le sang. L'animal meurt sans manifestation particulière de souffrance. Ce qui est impressionnant, c'est la quantité de sang qui coule de 4 boeufs tués en même temps. Je suis reconnaissante des températures hivernales. Je n'aurais pas aimé assister à la même scène par des 40 dégrés avec l'odeur et les mouches en conséquence.
L'équipe des bouchers travaille de façon tout à fait admirable. Chaque geste est maîtrisé, aucune bavure, aucune coupe dans l'intestin, pas de merde qui se déverse. L'adresse et la précision des actes m'impressionnent. Ils connaissent leur anatomie et savent doser la force. Et on ne chôme pas! Les bêtes sont débités en un temps record et c'est le tour des suivants.
Partagée entre dégoût et fascination je prends bcp de photos, ce qui semble stimuler d'avantage les protagonistes. J'espère qu'ils ne se couperont pas dans les doigts à cause de moi. Je suis un peu le centre d'intérêt du public, qui est super-sympa et bien blagueur. C'est la joie d'un bon repas en perspective! (Elle a hélas des manifestations un peu spéciales: on 'décore' des voitures d'empreintes de mains ensanglantées!)
Malheureusement il y a quand-même un Monsieur, mieux habillé que les autres et vraisemblablement plus instruit, qui trouve utile de me demander dans son anglais impeccable, pourquoi je prends des photos et si cela ne jettera pas une lumière négative sur le pays. Couillon!
J'avais remarqué qu'on amenait les têtes et les pattes des bêtes dans des grands sacs. C'est en continuant ma ballade que je découvre ce qui en devient: Il y a de toute apparence des gens spécialisés sur le traitement de ces derniers. Dans les ruelles adjacentes beaucoup d'échoppes font bouillir de l'eau dans d'énormes marmites. C'est là qu'on va ébouillanter les pattes avant d'en enlever poils et ongles. Quant aux têtes, c'est avec des coups de hache qu'on enlève la calotte du crâne pour récupérer le cerveau (étonnement petit), puis scinder la tête en deux etc.
La journée avance et c'est à tous les coins de rue qu'on tue des bêtes. Le sang entretemps forme des ruisseaux sur la chaussée et l'air est saturée de l'odeur des marmites où s'ébouillantent les pattes. Je suis sure que même les chats de quartier se feront ce soir une indigestion.
Tout les bouchers ne travaillent pas aussi bien que les premiers et je vois quelques belles 'boucheries', qui me révoltent.
J'avoue que je commence à avoir la gorge serrée et à être un peu saturée. Peut-être que 20 Millons de gens au Caire mangeront de la viande ce soir; j'en connais une qui ne le fera pas! Ma fête consistera en un plateau de friandises arabes, un vrai pêché!
Le lendemain une petite pluie matinale a transformé la poussière abondante de la ville en une couche grasse et gluante, qui rend la marche précaire. Le sang qui y est melé n'arrange rien…(Non, je ne veux pas glisser et tomber par terre!!!)
Ma curiosité gagne sur mon dégoût et j'assiste à l'égorgement des 4 bêtes suivantes. L'acte en lui-même n'est pas spectaculaire. On tranche la gorge et on laisse écouler le sang. L'animal meurt sans manifestation particulière de souffrance. Ce qui est impressionnant, c'est la quantité de sang qui coule de 4 boeufs tués en même temps. Je suis reconnaissante des températures hivernales. Je n'aurais pas aimé assister à la même scène par des 40 dégrés avec l'odeur et les mouches en conséquence.
L'équipe des bouchers travaille de façon tout à fait admirable. Chaque geste est maîtrisé, aucune bavure, aucune coupe dans l'intestin, pas de merde qui se déverse. L'adresse et la précision des actes m'impressionnent. Ils connaissent leur anatomie et savent doser la force. Et on ne chôme pas! Les bêtes sont débités en un temps record et c'est le tour des suivants.
Partagée entre dégoût et fascination je prends bcp de photos, ce qui semble stimuler d'avantage les protagonistes. J'espère qu'ils ne se couperont pas dans les doigts à cause de moi. Je suis un peu le centre d'intérêt du public, qui est super-sympa et bien blagueur. C'est la joie d'un bon repas en perspective! (Elle a hélas des manifestations un peu spéciales: on 'décore' des voitures d'empreintes de mains ensanglantées!)
Malheureusement il y a quand-même un Monsieur, mieux habillé que les autres et vraisemblablement plus instruit, qui trouve utile de me demander dans son anglais impeccable, pourquoi je prends des photos et si cela ne jettera pas une lumière négative sur le pays. Couillon!
J'avais remarqué qu'on amenait les têtes et les pattes des bêtes dans des grands sacs. C'est en continuant ma ballade que je découvre ce qui en devient: Il y a de toute apparence des gens spécialisés sur le traitement de ces derniers. Dans les ruelles adjacentes beaucoup d'échoppes font bouillir de l'eau dans d'énormes marmites. C'est là qu'on va ébouillanter les pattes avant d'en enlever poils et ongles. Quant aux têtes, c'est avec des coups de hache qu'on enlève la calotte du crâne pour récupérer le cerveau (étonnement petit), puis scinder la tête en deux etc.
La journée avance et c'est à tous les coins de rue qu'on tue des bêtes. Le sang entretemps forme des ruisseaux sur la chaussée et l'air est saturée de l'odeur des marmites où s'ébouillantent les pattes. Je suis sure que même les chats de quartier se feront ce soir une indigestion.
Tout les bouchers ne travaillent pas aussi bien que les premiers et je vois quelques belles 'boucheries', qui me révoltent.
J'avoue que je commence à avoir la gorge serrée et à être un peu saturée. Peut-être que 20 Millons de gens au Caire mangeront de la viande ce soir; j'en connais une qui ne le fera pas! Ma fête consistera en un plateau de friandises arabes, un vrai pêché!
Le lendemain une petite pluie matinale a transformé la poussière abondante de la ville en une couche grasse et gluante, qui rend la marche précaire. Le sang qui y est melé n'arrange rien…(Non, je ne veux pas glisser et tomber par terre!!!)
J'arrive au Caire
En arrivant au Caire le soir je fais tout de suite connaissance avec le metro. Il est déjà plein à craquer en arrivant. Je ne sais pas trop comment j'arrive à y rentrer avec mon grand sac et comment j'arrive à en sortir. Mais ça va. J'essaye de rester sen dans une foule au delà de toute description et j'arrive à mon petit hôtel, oufffffff.
Le lendemain je fais ma demande de prolongation de visa, qui normalement prend un jour. MAIS, nous sommes à l'avant-veille de la fête du sacrifice, fête musulmane de l'importance de Noël chez nous et qui dure 4! jours. En bonne boche j'avais calculé qu'en faisant ma demande l'avant-veille de la fête je devrais normalement avoir mon visa la veille de la fête. Mais non, mais non, on n'a plus le temps, on arrête le travail à midi.
Mon visa c'est pour dans 1 semaine, puisque le la fête est suivie d’un w-e!!!! Eh bien, il y des endroits pires que le Caire pour y rester collé et je ne m'en fais pas.
Je m'applique donc à apprendre les choses essentielles:
-D'abord il faut savoir traverser les rues. (je note qu'au Caire les passages pour piétons et les feux de circulation servent essentiellement à la décoration...) Mon Lonely Planet y consacre un article intitulé 'Playing chicken in Cairo'. Je suis ses recommandations et j'attends que des locaux s'apprêtent à traverser pour me coller à eux, du bon côté bien entendu! Beaucoup de gens en rient sympathiquement et plus d'une fois je suis prise par la main.
-Je ne m'énerve pas quand on me bouscule, ou quand on ne fait pas la file convenablement.
-J'essaye de survivre la pollution. Dans la circulation du centre-ville -quasiment à l'arrêt pendant 18 heures sur 24- je reconnais des Fiats des années 60, Peugeots d'un millésime pareil, Cinquecento etc. C'est quoi un catalyseur?
La ville est d'une laideur et d'une saleté impressionnante, ce qui ne paraît pas déranger la population, qui affiche joie et bonne humeur et est d'ailleurs fort gentille et prête à aider. Je me fais expliquer comment acheter felafels ou friandises dans des magasins bondés d'une clientèle hectic, où de moi même je me serais découragée. (Bien sûr, les demandes en marriage suivent directement: 'What are you looking for? Husband? I'm here!')
Le lendemain je fais ma demande de prolongation de visa, qui normalement prend un jour. MAIS, nous sommes à l'avant-veille de la fête du sacrifice, fête musulmane de l'importance de Noël chez nous et qui dure 4! jours. En bonne boche j'avais calculé qu'en faisant ma demande l'avant-veille de la fête je devrais normalement avoir mon visa la veille de la fête. Mais non, mais non, on n'a plus le temps, on arrête le travail à midi.
Mon visa c'est pour dans 1 semaine, puisque le la fête est suivie d’un w-e!!!! Eh bien, il y des endroits pires que le Caire pour y rester collé et je ne m'en fais pas.
Je m'applique donc à apprendre les choses essentielles:
-D'abord il faut savoir traverser les rues. (je note qu'au Caire les passages pour piétons et les feux de circulation servent essentiellement à la décoration...) Mon Lonely Planet y consacre un article intitulé 'Playing chicken in Cairo'. Je suis ses recommandations et j'attends que des locaux s'apprêtent à traverser pour me coller à eux, du bon côté bien entendu! Beaucoup de gens en rient sympathiquement et plus d'une fois je suis prise par la main.
-Je ne m'énerve pas quand on me bouscule, ou quand on ne fait pas la file convenablement.
-J'essaye de survivre la pollution. Dans la circulation du centre-ville -quasiment à l'arrêt pendant 18 heures sur 24- je reconnais des Fiats des années 60, Peugeots d'un millésime pareil, Cinquecento etc. C'est quoi un catalyseur?
La ville est d'une laideur et d'une saleté impressionnante, ce qui ne paraît pas déranger la population, qui affiche joie et bonne humeur et est d'ailleurs fort gentille et prête à aider. Je me fais expliquer comment acheter felafels ou friandises dans des magasins bondés d'une clientèle hectic, où de moi même je me serais découragée. (Bien sûr, les demandes en marriage suivent directement: 'What are you looking for? Husband? I'm here!')
St. Catherine
Avec d'autres voyageurs nous organisons une excursion au Monastère de St. Catherine au coeur du Sinai. Si l'afflus des touristes en cars enlève un peu du charme au site pourtant magnifique, le trajet lui reste impressionnant: les montagnes désertiques du Sinai sont d'une beauté irréelle. A la prochaine occasion j'y ferai un trek à pied ou en 4x4.
C'est un peu à contrecoeur que je m'arrache de Nuweiba au bout de 14 jours. (Je dois obtenir une prolongation de visa et de toute façon il est temps de bouger!) Trop douce la vie en bordure de mer. Les journées s'écoulent sans trop se faire remarquer. La mer est plus chaude que l'air et je nage bcp de km. Les égyptiens n'y comprennent rien à ce passe-temps. Pour rien ils n'iraient dans l'eau en hiver.
Je rejoins le Caire en taxi collectif: 20 personnes dans un minibus. Un trajet d'enfer, vitesse débile, manoeuvres de dépassement suicidaires, claxon inintérompu, tout cela à travers les paysages fabuleux du Sinai.
La bordure de mer entre Nuweiba et Taba (ville de frontière avec l'Israel) est parsemée d'ébauches de construction abandonnées à différents stades de finition. En fait, en 2004 il y a eu des actes de terrorisme à Taba. Depuis les Israélien, qui constituaient la majorité des touristes du coin, ne viennent plus faire leur vacances en Egypte. Donc les Egyptiens vivant du tourisme sont vus. D'où les constructions abandonnées. Triste tout ça!
C'est un peu à contrecoeur que je m'arrache de Nuweiba au bout de 14 jours. (Je dois obtenir une prolongation de visa et de toute façon il est temps de bouger!) Trop douce la vie en bordure de mer. Les journées s'écoulent sans trop se faire remarquer. La mer est plus chaude que l'air et je nage bcp de km. Les égyptiens n'y comprennent rien à ce passe-temps. Pour rien ils n'iraient dans l'eau en hiver.
Je rejoins le Caire en taxi collectif: 20 personnes dans un minibus. Un trajet d'enfer, vitesse débile, manoeuvres de dépassement suicidaires, claxon inintérompu, tout cela à travers les paysages fabuleux du Sinai.
La bordure de mer entre Nuweiba et Taba (ville de frontière avec l'Israel) est parsemée d'ébauches de construction abandonnées à différents stades de finition. En fait, en 2004 il y a eu des actes de terrorisme à Taba. Depuis les Israélien, qui constituaient la majorité des touristes du coin, ne viennent plus faire leur vacances en Egypte. Donc les Egyptiens vivant du tourisme sont vus. D'où les constructions abandonnées. Triste tout ça!
Sinai
Le lendemain je prend le bus pour Dahab sur le Sinaï en bordure du golfe d'Aqaba. Pour passer le canal le bus emprunte un tunnel, qui en fait passe en dessous du canal. Je ne suis guerre rassurée d'imaginer que les grands navires passent à présent au dessus de ma tête et je suis contente, quand après 1,6 km on émerge du tunnel.
Après 8 longues heures en autobus à travers le désert et 6 contrôles de passeport on arrive enfin à destination.
Dahab, le nirwana des voyageurs, ne me deçoit pas: alors que l'endroit est bien sûr aussi artificiel que Hurghada, le voyageur individuel est ici encore en majorité par rapport au touriste 'package'. Un vaste choix de petites auberges sympas et étonnement bon marchés, des restos de tout niveau et genre, les plages accessible à tout le monde. Cela n'a rien à voir avec Hurghada et je suis heureuse! Je rencontre des voyageurs des quatre coins du monde, ayant parcouru notre terre jusqu'aux derniers recoins: des gens super-intéressants avec qui je peux m'échanger des heures durant. Avec Courtney de Vancouver et Tim de Brisbane nous sommes bientôt un bon trio; nous explorons ensembles, faisons du snorkeling sur le Blue Hole et discutons jusqu'au petites heures, installés confortablement dans l'aire 'bédouin' de l'auberge.
Courtney nous quitte pour continuer son voyage en Etiopie, Tim et moi partons pour Nuweiba. Il y prend le ferry pour Aqaba, pour ensuitre rentrer en Syrie, où il enseigne l'Anglais. Le ferry coûte cher, mais il ne peut pas se rendre à Aqaba en bus si bon marché, car il devrait alors passer par l'Israel pour quelques kilomètres, et avec un cachet d'Israel dans son passeport il ne pourrait plus rentrer en Syrie. Que ce monde est compliqué!!
Je suis venu à Nuweiba en 1977 avec Stef, quand c'était israelien et s'appellait Neviot. C'est ici que nous avions dans le temps découvert la fascination du monde sousmarin et pris la décision de joindre un club de plongée. Bien sûr que l'endroit a fort changé depuis, mais moins que je ne craignais. Je m'installe comme dans le temps en bordure de mer.
Le paysage est toujours aussi splendide: les flancs de montagnes arides et escarpés du Sinaï dans le dos, en face, derrière la mer turquoise, ceux de l'Arabie Saoudite, qui, au soleil couchant, s'enfamment en rose; un spectacle, qui m'enchante autant qu'il y a 30 ans. Les coraux ne m'impressionnent hélas plus autant qu'avant. Je ne sais pas, s'ils sont abimés, ou si c'est moi, qui est trop gâtée entretemps. Néanmoins je profite de la mer, du calme et du doux soleil hivernal.
Après 8 longues heures en autobus à travers le désert et 6 contrôles de passeport on arrive enfin à destination.
Dahab, le nirwana des voyageurs, ne me deçoit pas: alors que l'endroit est bien sûr aussi artificiel que Hurghada, le voyageur individuel est ici encore en majorité par rapport au touriste 'package'. Un vaste choix de petites auberges sympas et étonnement bon marchés, des restos de tout niveau et genre, les plages accessible à tout le monde. Cela n'a rien à voir avec Hurghada et je suis heureuse! Je rencontre des voyageurs des quatre coins du monde, ayant parcouru notre terre jusqu'aux derniers recoins: des gens super-intéressants avec qui je peux m'échanger des heures durant. Avec Courtney de Vancouver et Tim de Brisbane nous sommes bientôt un bon trio; nous explorons ensembles, faisons du snorkeling sur le Blue Hole et discutons jusqu'au petites heures, installés confortablement dans l'aire 'bédouin' de l'auberge.
Courtney nous quitte pour continuer son voyage en Etiopie, Tim et moi partons pour Nuweiba. Il y prend le ferry pour Aqaba, pour ensuitre rentrer en Syrie, où il enseigne l'Anglais. Le ferry coûte cher, mais il ne peut pas se rendre à Aqaba en bus si bon marché, car il devrait alors passer par l'Israel pour quelques kilomètres, et avec un cachet d'Israel dans son passeport il ne pourrait plus rentrer en Syrie. Que ce monde est compliqué!!
Je suis venu à Nuweiba en 1977 avec Stef, quand c'était israelien et s'appellait Neviot. C'est ici que nous avions dans le temps découvert la fascination du monde sousmarin et pris la décision de joindre un club de plongée. Bien sûr que l'endroit a fort changé depuis, mais moins que je ne craignais. Je m'installe comme dans le temps en bordure de mer.
Le paysage est toujours aussi splendide: les flancs de montagnes arides et escarpés du Sinaï dans le dos, en face, derrière la mer turquoise, ceux de l'Arabie Saoudite, qui, au soleil couchant, s'enfamment en rose; un spectacle, qui m'enchante autant qu'il y a 30 ans. Les coraux ne m'impressionnent hélas plus autant qu'avant. Je ne sais pas, s'ils sont abimés, ou si c'est moi, qui est trop gâtée entretemps. Néanmoins je profite de la mer, du calme et du doux soleil hivernal.
Friday, March 7, 2008
L'Egypte autrement.
J'ai visité l'Egypte 'pharaonique' à fond il y a une bonne quinzaine d'année. Cela avait été un voyage organisé et cela a été très bien. Cette fois-ci j'ai envie d'explorer le pays sous d'autres angles, de voir la nature: les côtes et les déserts, les oasis, et de rencontrer les pharaons seulement par ci par là à nouveau et surtout de voyager seule, à mon rythme, à ma façon.
L'Egypte est un pays bon marché. Je pense donc pouvoir me débrouiller avec 15€ par jour pour l'ensemble de mes dépenses sur place: logement, nourriture, déplacements, excursions etc. (Le billet d'avion n'est pas compris) Inutile de dire que ce ne sera pas un voyage de luxe. On va voir.
J'ai choisi Hurghada comme point d'arrivée en Egypte, car je ne me sentais pas d'attaque pour affronter le Caire 'à froid'. Hurghada ne me surprend pas, un endroit comme je l'imaginais: autour d'un minuscule ancient village de pêcheurs s'est dévelloppé en univers totalement artificiel un ghetto de touristes. Resort après resort s'enchaîne lelong de la "Kornish", rue principale en bordure de mer. Toute rue perpendiculaire à cette corniche aboutit inmanquablement dans le desert, la plûpart déjà après quelques centaines de mètres. Les plages sont presque toutes 'privées', appartenant aux resorts. Les restos affichent spaghettis, pizzas, hamburgers etc, mais je ne me décourage pas et trouve après quelques recherches le quartier ancien avec ses echoppes vendant la nourriture aux autochtones: les délices du moyen orient comme je les connais: shwarma, felafel, foul etc. Je me régale et je paye 1€ pour un repas copieux. J'y trouve aussi à me loger: une grande chambre à 3! double lits et balcon avec vue sur la mer, -hélas d'une propreté sommaire-, me coûte 4,30€.
En 1 jour et demi j'ai fait le tour de Hurghada, qui n'a pas beaucoup à m'offir. Les Européens ici sont venus pour quelques jours profiter du soleil et du grand bleu (ou plutôt rouge) et sont guerre inclins de quitter leur royaume 'all inclusive'; aucune chance pour moi de trouver l'âme soeur avec qui partager un bout de chemin ou ne fût-ce qu'une conversation. Je quitte donc le surlendemain de mon arrivée.
Les températures, et de l'air et de l'eau, me font savoir qu'en Egypte aussi l'hiver existe et qu'il n'est pas loin. Je décide alors d'inverser le sens de mon périple planifié: au lieu de faire mes visites et mes explorations d'abord pour finir par un séjour 'plage-nage' je chercherai le dernier en premier lieu et décide de me mettre en route vers le Sinaï, où je compte trouver des endroits en bordure de mer à mon goût. Ma route m'ammène d'abord à Suez -6 heures d'autobus de Hurghada.
Comme par cette saison d'hiver il fait noir déjà à 17h, j'ai l'impression de me trouver au milieu de la nuit, quand j'arrive à Suez vers 20h. L'hôtel que j'avais choisi d'après mon Lonely Planet affiche complet, ainsi que les 4(!) suivants que j'essaye. Je commence déjà à réfléchir à un plan B quand finalement je trouve une bonne petite chambre dans mes prix. Soulagée je fais un tour du quartier à pied, mange tout ce qu'on offre en coin de rue et me trouve un cybercafé pour rester en contact avec le monde extérieur.
Le lendemain je pars pour une longue ballade vers Port Tawfiq, le faubourg de Suez, qui longe le canal.
Là il est, le fameux canal: il se découpe du desert en bleu-turquoise, tranquil, serein et ….parfaitement vide! Pas le moindre navire en vue; hmmmm…..
On est vendredi, le dimanche local, serait-il possible que les bateaux ne circulent pas le week-end? Je ne peux pas l'imaginer, trop de sous impliqués. Mais qu'est-ce qui se passe donc? D'un autre côté la rue en bordure du canal se remplit de gens s'apprêtant à picniquer. Il règne une atmosphère de loisir et détente. Je suis la seule touriste sur les lieux et je me plais bien. A un moment donné en début d'après-midi, juste que j'ai decidé d'aller me chercher quelque chose à manger, j'entends un grondement qui s'amplifie lentement et quand je me retourne je le vois: un immens navire noir, fermé comme une forteresse, se trouve directement devant moi, haut comme un bâtiment. Lentement il glisse vers l'embouchure du canal et se prépare à prendre la mer. J'en prends un nombre irraisonnable de photos. Il est immédiatement suivi d'un autre navire, cette fois-ci un porte-container multicolore et très photogénique. Vue l'étroitesse du canal il paraît glisser à travers le désert. J'oublis ma faim. Je ne veux rien rater. Je présume que tous ces bateaux sont partis le matin de Port Said, pour arriver à Suez en début d'après-midi. Cela pourrait expliquer le calme matinal à Suez, le canal étant trop étroit, pour permettre à deux grands navire de se croiser.
J'ai visité l'Egypte 'pharaonique' à fond il y a une bonne quinzaine d'année. Cela avait été un voyage organisé et cela a été très bien. Cette fois-ci j'ai envie d'explorer le pays sous d'autres angles, de voir la nature: les côtes et les déserts, les oasis, et de rencontrer les pharaons seulement par ci par là à nouveau et surtout de voyager seule, à mon rythme, à ma façon.
L'Egypte est un pays bon marché. Je pense donc pouvoir me débrouiller avec 15€ par jour pour l'ensemble de mes dépenses sur place: logement, nourriture, déplacements, excursions etc. (Le billet d'avion n'est pas compris) Inutile de dire que ce ne sera pas un voyage de luxe. On va voir.
J'ai choisi Hurghada comme point d'arrivée en Egypte, car je ne me sentais pas d'attaque pour affronter le Caire 'à froid'. Hurghada ne me surprend pas, un endroit comme je l'imaginais: autour d'un minuscule ancient village de pêcheurs s'est dévelloppé en univers totalement artificiel un ghetto de touristes. Resort après resort s'enchaîne lelong de la "Kornish", rue principale en bordure de mer. Toute rue perpendiculaire à cette corniche aboutit inmanquablement dans le desert, la plûpart déjà après quelques centaines de mètres. Les plages sont presque toutes 'privées', appartenant aux resorts. Les restos affichent spaghettis, pizzas, hamburgers etc, mais je ne me décourage pas et trouve après quelques recherches le quartier ancien avec ses echoppes vendant la nourriture aux autochtones: les délices du moyen orient comme je les connais: shwarma, felafel, foul etc. Je me régale et je paye 1€ pour un repas copieux. J'y trouve aussi à me loger: une grande chambre à 3! double lits et balcon avec vue sur la mer, -hélas d'une propreté sommaire-, me coûte 4,30€.
En 1 jour et demi j'ai fait le tour de Hurghada, qui n'a pas beaucoup à m'offir. Les Européens ici sont venus pour quelques jours profiter du soleil et du grand bleu (ou plutôt rouge) et sont guerre inclins de quitter leur royaume 'all inclusive'; aucune chance pour moi de trouver l'âme soeur avec qui partager un bout de chemin ou ne fût-ce qu'une conversation. Je quitte donc le surlendemain de mon arrivée.
Les températures, et de l'air et de l'eau, me font savoir qu'en Egypte aussi l'hiver existe et qu'il n'est pas loin. Je décide alors d'inverser le sens de mon périple planifié: au lieu de faire mes visites et mes explorations d'abord pour finir par un séjour 'plage-nage' je chercherai le dernier en premier lieu et décide de me mettre en route vers le Sinaï, où je compte trouver des endroits en bordure de mer à mon goût. Ma route m'ammène d'abord à Suez -6 heures d'autobus de Hurghada.
Comme par cette saison d'hiver il fait noir déjà à 17h, j'ai l'impression de me trouver au milieu de la nuit, quand j'arrive à Suez vers 20h. L'hôtel que j'avais choisi d'après mon Lonely Planet affiche complet, ainsi que les 4(!) suivants que j'essaye. Je commence déjà à réfléchir à un plan B quand finalement je trouve une bonne petite chambre dans mes prix. Soulagée je fais un tour du quartier à pied, mange tout ce qu'on offre en coin de rue et me trouve un cybercafé pour rester en contact avec le monde extérieur.
Le lendemain je pars pour une longue ballade vers Port Tawfiq, le faubourg de Suez, qui longe le canal.
Là il est, le fameux canal: il se découpe du desert en bleu-turquoise, tranquil, serein et ….parfaitement vide! Pas le moindre navire en vue; hmmmm…..
On est vendredi, le dimanche local, serait-il possible que les bateaux ne circulent pas le week-end? Je ne peux pas l'imaginer, trop de sous impliqués. Mais qu'est-ce qui se passe donc? D'un autre côté la rue en bordure du canal se remplit de gens s'apprêtant à picniquer. Il règne une atmosphère de loisir et détente. Je suis la seule touriste sur les lieux et je me plais bien. A un moment donné en début d'après-midi, juste que j'ai decidé d'aller me chercher quelque chose à manger, j'entends un grondement qui s'amplifie lentement et quand je me retourne je le vois: un immens navire noir, fermé comme une forteresse, se trouve directement devant moi, haut comme un bâtiment. Lentement il glisse vers l'embouchure du canal et se prépare à prendre la mer. J'en prends un nombre irraisonnable de photos. Il est immédiatement suivi d'un autre navire, cette fois-ci un porte-container multicolore et très photogénique. Vue l'étroitesse du canal il paraît glisser à travers le désert. J'oublis ma faim. Je ne veux rien rater. Je présume que tous ces bateaux sont partis le matin de Port Said, pour arriver à Suez en début d'après-midi. Cela pourrait expliquer le calme matinal à Suez, le canal étant trop étroit, pour permettre à deux grands navire de se croiser.
L'un après l'autre les navires se suivent jusqu'au soir, pendant que les gens -venus pour les observer- se régalent de leur picnic autant que de la vue. Le soleil couchant, la pleine lune qui se lève dans un ciel encore bleu, le désert d'en face, qui vire de l'ocre vers le rose - tout contribue à faire une fête de couleurs; je mitraille joyeusement (vive le numérique) jusqu'à la limite de la lumière du jour et de la mémoire de ma caméra. Juste quand je veux la ranger, je m'apperçois d'un panneau: NO PHOTOS. Oupps, oh pardon. Ma dernière photo de ce jour sera celle du panneau.
Rentrant à pied je retraverse le causeway long de quelques kilomètres, qui sépare le centre de Suez de Port Tawfic. A présent il fait nuit et le causeway semble être un lieu de rencontre. Des jeunes couples se tiennent la main ou se bécotent; et moi je pensais qu'on ne faisait pas cela en Egypte. Des jeunes filles en groupe sur des bancs, des garçons en chasse qui prétendent contempler la mer, alors qu'ils épient les jeunes filles. Très mignon tout ça.
Rentrant à pied je retraverse le causeway long de quelques kilomètres, qui sépare le centre de Suez de Port Tawfic. A présent il fait nuit et le causeway semble être un lieu de rencontre. Des jeunes couples se tiennent la main ou se bécotent; et moi je pensais qu'on ne faisait pas cela en Egypte. Des jeunes filles en groupe sur des bancs, des garçons en chasse qui prétendent contempler la mer, alors qu'ils épient les jeunes filles. Très mignon tout ça.
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