Thursday, March 20, 2008

Quelques reflexions a posteriori

Cela fait 6 semaines que j’ai quitté l’Egypte et je continue de penser souvent à mon voyage et aux impressions que j’en ai gardées.
Elles sont très contradictoires, tellement de ‘pours’, tellement de ‘contres’.
Côté ‘pour’: clairement le fait qu’on peut vivre décemment avec très peu d’argent. J’ai pu facilement respecter mon budget de 15€ par jour, et ceci alors que je me suis offert quelques excursions formidables.
‘Pour’ aussi la panoplie des paysages fabuleux, la beauté des côtes et des déserts et bien sûr –et cela va sans dire- la richesse démentielle en trésors d’antiquité.
Toujours côté ‘pour’: la facilité de voyage: déplacements aisés par transports publics structurés, raisonnablement ponctuels et bon marchés.
La cuisine est raisonnablement bon, juste un peu monotone et la viande n’était pas fort à mon goût.

Côté ‘contre’: La CRASSE! Je suis consciente que des gens pauvres n’ont pas la même attitude par rapport à l’environnement que nous et je le comprends. Mais ce que j’ai dû voir en Egypte n’a rien à voir avec la pauvreté, mais avec une attitude. J’ai vu dans l’Afrique noir des villagois tout aussi pauvres que l’égyptien de la rue, vivant dans des huttes don’t le sol était en terre battue. Ce sol était balayé, de même que les sentiers du village, toujours en terre battue, étaient ballayés.
En Egypte on laisse tomber par terre tout ce don’t on n’a plus besoin, et ceci non seulement dans la rue, mais DANS SON APPARTEMENT! Si on a une femme, elle risque de le ramasser, mais si on n’en a pas, eh bien, cela reste là! On ne se gène pas non plus de cracher par terre chez soi, laisser flotter le caca dans les toilettes etc etc etc…... Un peu d’éducation et de sensibilisation ne feraient pas vraiment de tort!
Dans des parties à haute densité de population le pays est litérallement couvert d’ordures et cela n’a pas l’air de déranger l’autochtone. Les quelques buissons dans le désert du Sinai sont généreusement décorés de sacs en plastique, que le vent incessant distribue partout. Les plages sont couvertes de détritus que la mer ammène, détritus que les passagers de ferry ont jetés par dessus bord. (Dans mon hôtel à Nuweiba la plage se fait nettoyer tous les matins et tous les matins les ordures que la mer a déposés sur ces quelques dixaines de mètres de plage remplissent une brouette à ras bord!) Les coraux aussi sont décorés de sacs plastiques que des poissons mangent souvent, les prenant pour des méduses. Erreur généralement fatale pour eux.
Tout cela me révolte bien sûr au plus haut dégré et m’a souvent gâché l’humeur.
Autre ‘contre’ dans la même idée, mais moins révoltant car directement lié à la situation socio-économique défavorisée du pays est la pollution dans les villes, qui m’a fait beaucoup souffrir de mon asthme et qui est en grande partie responsable de la grisaille et la laideur de ces villes.
Parlant de laideur: une chose qui m’a vraiment frappée est le contraste entre la beauté sublime des trésors antiques et l’absence totale de beauté dans la vie actuelle, que ce soit l’architecture, la mode, les étalages….. et bien sûr l’absence de beauté et de grace féminine dans les rues. Les femmes dans leurs habits difformes, souvent encore complètement voilée –avec même des ‘moustiquaires’ devant les yeux- ressemblent plutôt à des corneilles. Dans les villes comme le Caire ou Alexandrie, où plus de femmes montrent leur visage, cela ne va pas vraiment mieux: trop souvent elles affichent une expression de souffrance sousjacente, réflet bien sûr de la vie dure qu’elles mènent. Plus d’une fois j’avais remarqué –le tram permet ce genre d’observation- les mains usées, ridées aux ongles craquelés des femmes même jeunes. (Il va de soi que ceci ne s’applique pas à toutes les couches de la société; bien entendu il existent dans les grandes villes des femmes plus modernes, instruites et soignées, mais hélas c’est une toute petite minorité.)
Cela m’ammène au’contre’ le plus pénible et le plus inacceptable pour nous Européens et surtout Européennes, qu’est bien sûr la structure de la socété. On peut argumenter que cela ne nous regarde pas, puisqu’on n’est pas chez nous. Mais nous en subissons tout de même les conséquences: la réligion prohibe toute relation sexuelle avant ou en déhors du marriage. Comme d’habitude ceci s’applique dans la réalité plus aux femmes qu’aux hommes. En plus –du moins dans les régions rurales- prèsque 9 femmes sur 10 sont encore aujourd’hui excisées et ceci malgré que cette pratique ait été declarée illégale dans les années 90. Résultat de tout cela: les femmes non-mariées ne sont pas du tout accessibles, les épouses manifestent peu d’enthousiasme pour la chose (pour cause!!), les hommes se transforment donc en bombes de testostérone; et qui doit subir les manifestations de leur insatisfaction? C’est bien entendu les femmes étrangères. Considérées de toute façon comme immorales et obsédées par le sexe on peut tout se permettre vis-à-vis d’elles. Qu’est-ce que je pouvais avoir marre de tous ces jeunes étalons roulant les mecaniques, qui tiennent tous le même propos: what you need is egyptian husband, very strong!!! ------ Merci donc!
Voyager seule de toute façon ne permet qu’une seule interprétation: on est à la recherche de egyptian husband!
Une bonne chose: le gouvernement essaye de protéger le touriste au mieux. La police touristique est omniprésente et les égyptiens en ont sérieusement peur. On a donc à tout moment la possibilité d’un recours musclé. Cela n’enlève hélas pas le desagrément d’une confrontation perpétuelle qui finit par user patience et bonne humeur.
Je suis bien consciente que pour ceux qui voyagent en couple ou en groupe, cet aspect occupera sans doûte une place nettement moins importante. Pour moi c’étaient les ordures et la drague qui étaient le plus dûr à supporter.
Au niveau ‘discussion sur les prix’, je suis plus tolérante que d’autres voyageurs, qui en deviennent fous. D’abord l’Asie m’a bien rodée, puis je me suis avec le temps élaboré une attitude assez sen. J’essaye de le regarder comme un jeu, tout comme les égyptiens eux-mêmes. Quant aux choses essentielles de la vie (l’eau en bouteille par ex) je ne discute pas, j’en connais le prix et c’est ce que je paye, puis je m’en vais, point! Cela marche bien.
Je constate que je viens d’écrire quelques lignes sur les ‘pours’ puis quelques pages sur les ‘contres’. Ceci ne reflète pas le rapport réel. J’ai adoré mon voyage et je retournerai à la prochaine occasion. (J’ai un billet d’avion aller- retour Le Caire-Perth-Le Caire; c;est donc pour bientôt!) Je me rejouis de revoir les oasis -cette fois-ci avec des températures plus clémentes-, ainsi que bien entendu les plages du Sinai.

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