Saturday, March 8, 2008

Alexandria





Je mets les voiles (bus) pour Port Said dans un état d'âme 'creux de la vague'. Quand en arrivant je cherche mon hôtel et quelqu'un m'adresse avec l'habituel 'Hello, what is your name, where are you from?' j'en suis tellement exaspérée que je ne peux m'empêcher de l'engueuler; sa réaction: 'Ok, Ok, you don't need to tell me; just say, that your name is Madonna and that you are from the moon.' Je dois sourire malgré tout et je me servirai de cette réponse de nombreuses fois dans les jours qui suivent. Surtout ne croyez pas qu'ainsi je parviens à surprendre qui que ce soit. Sans la moingre hesitation on me répond par exemple 'Oh, this is why you are so pale. You see, I am from the sun, this is why I'm dark.' Difficile de rester fâchée longtemps.
Port Said me deçoit un peu. J'avais rêvé d'un flair international, d'une atmosphère palpitante de grand voyage maritime. Je ne trouve rien de tout cela (p-ê que je n'ai pas bien regardé…) et je quitte après deux jours seulement pour Alexandrie.
Je me rends comte que je ne suis pas aussi heureuse que je souhaiterais l'être et je suis consciente que je dois changer quelque chose dans ma façon de faire, car le pays ne changera pas pour moi. Première chose: cela fait plus de 5 semaines que je vis dans des conditions super-modestes. Mon hôtel à Port Said notemment était carrément dégueulasse; je n'ai mangé qu'aux coins des rues jusqu'à présent. Je fais une évaluation rapide: mon budget se porte bien mais moi pas. Donc on va changer cela: En Alexandrie je prends une chambre dans un hôtel sur la 'Kornish', avec vue sur la splendide baie, une salle de bain étincellante, balcon, télé et tout le fourbis, (qui coûte plus que mon budget journalier entier, mais que diable!) Le soir je vais manger dans un des meilleurs restos de la ville un poisson ruisselant de fraîcheur, que je choisis sur la glace et qui sera préparé pour moi à la perfection. Un delice!! Curieux, il ne faut parfois que de peu de choses, pour améliorer l'état d'âme.

Alexandrie, (Cannes avec de l'acné), la belle, sur la mer turquoise, me plaît beaucoup.
Traverser les grandes rues est aussi difficile qu'au Caire, mais il y en a moins. L'air de la mer rend la respiration plus aisée mais ne parvient pas de me débarasser de la toux persistante, qui me harcèle depuis le Caire, alors que je ne suis point malade.
De son passé glorieux ne restent que peu de vestiges, puisque l'air maritime n'a pas pu conserver les monuments comme la sècheresse de la haute Egypte. Par aquis de conscience je vais voir catacombes et sphinxes divers. Très intéressant reellement le mélange d'influences égyptiennes, greques et romaines.






La nouvelle bibliothèque ne vaut p-ê pas l'ancienne, mais c'est une réalisation admirable. Les débris du fameux fard ont quand-même servi à construire un fort.

Une très chouette façon de voir la ville est de prendre le tram. Pour 3 cents on peut se faire ballader pendant au moins une heure; lentement bien sûr dans les rues encombrées et la circulation congestionnée. En méme temps on a une impression de la vie quotidienne de la ville: les ménagères chargées de leurs courses pour familles nombreuses, les enfants revenants de l'école…. Souvent le premier wagon est réservé aux femmes!
Un jour j'ai l'occasion d'assister à la rentrée d'un filet de pèche, qui avait éte déployé dans la grande baie du port de l'est. Une dixaine d'hommes travaillent dur pendant au moins 2 heures pour ramener le filet. Bien entendu se trouvent dans les mailles de nombreux détritus, qui doivent être péniblement enlevés un à un à la main. Que fait-on de ces ordures???? Pas de problèmes: on les rejette à la mer!!!! Faut quand-même s'assurer que demain il y en aura encore!!! Que peut-on faire que de hausser les épaules? Que j'aimerais organiser ce pays, pourtant si beau!
La récolte de la pèche me semble plus que modeste: quelques bacs de sardines, vendues directement aux particuliers qui attendaient sur place, tout comme les chats, qui eux aussi reçoivent leurs portions.
Je consacre une journée à la visite de El Alamein à une bonne centaine de km d’Alexandrie, champs de bateille de WWII tristement célèbre pour avoir coûté un nombre débile de vies des deux côtés. Comme sur tous le cimetières de soldats je suis émue au plus profond de moi face aux rangs de croix à perte de vue. Sur le cimetière du Commonwealth des centaines de tombes de jeunes Australiens et Néozélandais; qu’est-ce qu’ils avaient bien à foutre dans ce désert de l’autre hémisphère?



Tout comme Noël, le réveillon du Nouvel An est une déception. Je suis spécialement restée en Alexandrie dans l'espoir d'y trouver un genre d'ambiance, mais mise à part qq pétards qui m'effrayent dans la rue, c'est une soirée comme une autre. Bon….

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