Friday, March 7, 2008

L'Egypte autrement.

J'ai visité l'Egypte 'pharaonique' à fond il y a une bonne quinzaine d'année. Cela avait été un voyage organisé et cela a été très bien. Cette fois-ci j'ai envie d'explorer le pays sous d'autres angles, de voir la nature: les côtes et les déserts, les oasis, et de rencontrer les pharaons seulement par ci par là à nouveau et surtout de voyager seule, à mon rythme, à ma façon.
L'Egypte est un pays bon marché. Je pense donc pouvoir me débrouiller avec 15€ par jour pour l'ensemble de mes dépenses sur place: logement, nourriture, déplacements, excursions etc. (Le billet d'avion n'est pas compris) Inutile de dire que ce ne sera pas un voyage de luxe. On va voir.

J'ai choisi Hurghada comme point d'arrivée en Egypte, car je ne me sentais pas d'attaque pour affronter le Caire 'à froid'. Hurghada ne me surprend pas, un endroit comme je l'imaginais: autour d'un minuscule ancient village de pêcheurs s'est dévelloppé en univers totalement artificiel un ghetto de touristes. Resort après resort s'enchaîne lelong de la "Kornish", rue principale en bordure de mer. Toute rue perpendiculaire à cette corniche aboutit inmanquablement dans le desert, la plûpart déjà après quelques centaines de mètres. Les plages sont presque toutes 'privées', appartenant aux resorts. Les restos affichent spaghettis, pizzas, hamburgers etc, mais je ne me décourage pas et trouve après quelques recherches le quartier ancien avec ses echoppes vendant la nourriture aux autochtones: les délices du moyen orient comme je les connais: shwarma, felafel, foul etc. Je me régale et je paye 1€ pour un repas copieux. J'y trouve aussi à me loger: une grande chambre à 3! double lits et balcon avec vue sur la mer, -hélas d'une propreté sommaire-, me coûte 4,30€.
En 1 jour et demi j'ai fait le tour de Hurghada, qui n'a pas beaucoup à m'offir. Les Européens ici sont venus pour quelques jours profiter du soleil et du grand bleu (ou plutôt rouge) et sont guerre inclins de quitter leur royaume 'all inclusive'; aucune chance pour moi de trouver l'âme soeur avec qui partager un bout de chemin ou ne fût-ce qu'une conversation. Je quitte donc le surlendemain de mon arrivée.
Les températures, et de l'air et de l'eau, me font savoir qu'en Egypte aussi l'hiver existe et qu'il n'est pas loin. Je décide alors d'inverser le sens de mon périple planifié: au lieu de faire mes visites et mes explorations d'abord pour finir par un séjour 'plage-nage' je chercherai le dernier en premier lieu et décide de me mettre en route vers le Sinaï, où je compte trouver des endroits en bordure de mer à mon goût. Ma route m'ammène d'abord à Suez -6 heures d'autobus de Hurghada.
Comme par cette saison d'hiver il fait noir déjà à 17h, j'ai l'impression de me trouver au milieu de la nuit, quand j'arrive à Suez vers 20h. L'hôtel que j'avais choisi d'après mon Lonely Planet affiche complet, ainsi que les 4(!) suivants que j'essaye. Je commence déjà à réfléchir à un plan B quand finalement je trouve une bonne petite chambre dans mes prix. Soulagée je fais un tour du quartier à pied, mange tout ce qu'on offre en coin de rue et me trouve un cybercafé pour rester en contact avec le monde extérieur.
Le lendemain je pars pour une longue ballade vers Port Tawfiq, le faubourg de Suez, qui longe le canal.
Là il est, le fameux canal: il se découpe du desert en bleu-turquoise, tranquil, serein et ….parfaitement vide! Pas le moindre navire en vue; hmmmm…..
On est vendredi, le dimanche local, serait-il possible que les bateaux ne circulent pas le week-end? Je ne peux pas l'imaginer, trop de sous impliqués. Mais qu'est-ce qui se passe donc? D'un autre côté la rue en bordure du canal se remplit de gens s'apprêtant à picniquer. Il règne une atmosphère de loisir et détente. Je suis la seule touriste sur les lieux et je me plais bien. A un moment donné en début d'après-midi, juste que j'ai decidé d'aller me chercher quelque chose à manger, j'entends un grondement qui s'amplifie lentement et quand je me retourne je le vois: un immens navire noir, fermé comme une forteresse, se trouve directement devant moi, haut comme un bâtiment. Lentement il glisse vers l'embouchure du canal et se prépare à prendre la mer. J'en prends un nombre irraisonnable de photos. Il est immédiatement suivi d'un autre navire, cette fois-ci un porte-container multicolore et très photogénique. Vue l'étroitesse du canal il paraît glisser à travers le désert. J'oublis ma faim. Je ne veux rien rater. Je présume que tous ces bateaux sont partis le matin de Port Said, pour arriver à Suez en début d'après-midi. Cela pourrait expliquer le calme matinal à Suez, le canal étant trop étroit, pour permettre à deux grands navire de se croiser.




L'un après l'autre les navires se suivent jusqu'au soir, pendant que les gens -venus pour les observer- se régalent de leur picnic autant que de la vue. Le soleil couchant, la pleine lune qui se lève dans un ciel encore bleu, le désert d'en face, qui vire de l'ocre vers le rose - tout contribue à faire une fête de couleurs; je mitraille joyeusement (vive le numérique) jusqu'à la limite de la lumière du jour et de la mémoire de ma caméra. Juste quand je veux la ranger, je m'apperçois d'un panneau: NO PHOTOS. Oupps, oh pardon. Ma dernière photo de ce jour sera celle du panneau.
Rentrant à pied je retraverse le causeway long de quelques kilomètres, qui sépare le centre de Suez de Port Tawfic. A présent il fait nuit et le causeway semble être un lieu de rencontre. Des jeunes couples se tiennent la main ou se bécotent; et moi je pensais qu'on ne faisait pas cela en Egypte. Des jeunes filles en groupe sur des bancs, des garçons en chasse qui prétendent contempler la mer, alors qu'ils épient les jeunes filles. Très mignon tout ça.

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